31.05.2021

Ce qui reste de cela c’est la nuit, une vidéo au clair de lune et une sensation de hauteur. C’est un elle ou un je, je ne sais plus très bien, mais c’est une femme qui a couru, couru. Elle n’a jamais, depuis cela, repris entièrement son souffle. Jusqu’à aujourd’hui, certaines pulsations cardiaques n’ont cessé de retentir dans sa mémoire. A chaque fois que cela se reproduit, que cela apparaît, c’est la même ritournelle. Elle chantonne le début, le milieu lui échappe et il lui plaît d’inventer la fin, d’imaginer le pire. Cela est synonyme d’un souffle au cœur, un je-ne-sais-quoi lié à l’existence de turbulences. Les moments d’accalmie sont les bras qui la serrent. Là, quelque chose se fait, elle laisse agir en elle une émotion qui découle de la féminité, un terrain sauvage. Cela fait onduler la ligne droite, et lui rappelle, qu’en elle, à cette époque, elle avait la place du désir, le visage de la découverte. Cela l’a confirmé au point d’en former sa base, ses souvenirs. Nous savons, et vous et moi, à quel point la base est importante, la mémoire. Il n’y a pas à renifler l’attirance, elle se trouve à l’opposé de ce que l’on provoque. Elle est là, dans le premier regard, elle se trouve dans ce qui a déjà existé. Elle est l’intelligence immédiate, l’intelligence, la vraie, celle évidente et irréfléchie. Le coup.

Elle a peur de ce qui la traverse, une peur excitante, un saut dans le vide. Elle ne dit rien de ce qui la traverse, ce rien est un enchaînement, une rancœur, un mouvement fou du corps vers le plaisir et un mot sombre: mélancolie. Elle est le silence, la pudeur du sort. Elle n’exprime rien à l’air libre, la liberté se trouve dans son ventre, dans ce qui s’enferme, ce qui s’enfouit, dans l’essentiel de ce qui s’éprouve et se discerne, l’émotion. Battement de cœur par battement de cœur, cela est là, innommé, inentamé ou presque.