Vendredi, 12 février 2021

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/aa/Death_of_Marat_by_David.jpg

Le passé simple. Le passé fixe. Le passé me fixe comme on fixe le cliché. Un cliché. Et moi, dans tel à tel moment, à tel état. Tellement que j’y m’accroche. Au passé, au présent mais, le futur. Non.
Mais qu’en est-il des fragments, des éclats, des échos qui remontent à la surface, qui nagent à contre courant et craquellent l’immédiat.
Je parle. A lui. Chaise à chaise. Face à face. Je lui dis mes démons, je lui dis mes comment, mes corps et mes pulsions. Je lui dis.
Je prête attention aux indices, aux signes, aux symboles qui sont susceptibles de me mener quelque part, autre part. Plus bas. Plus profond. Ils me mènent à ce qui a été submergé. Je nettoie d’un coup de main, d’un coup d’hier. Car, demain me frappe, il m’inquiète. Je veux la légèreté, l’accord secret, l’entente tacite. Je veux demain, en toute connivence.
Je m’accroche au noir, je m’y accroche si fort qu’il le devient. Et même plus, il est mon mouvement. Je bouge noir. J’en suis sa manière. Les remous détachent les morceaux, ils secouent. La secousse, je la sens, jusqu’aux mots. Mon ventre n’y trouve plus sa trajectoire. C’est la révolte des troubles pris à la légère. L’agitation nocturne crée parfois l’émeute. Je m’envole dans le sommeil et c’est la peur qui prend son envolée. Elles se relaient, jusqu’à mon épuisement.
J’y crois et c’est la chute. Il revient, je glisse. Il m’aperçoit, je vacille. C’est un lui devenu eux et c’est un eux qui me ramène à ça. A la faille, au tempo d’un passé qui ne trouve pas son harmonie. Je recherche l’enthousiasme, l’élan d’une valse. Donnez-moi le temps, j’y trouverais le mien. Et c’est dans l’ébranlement que la recherche se fait. Et c’est dans ce qui se fait que l’émotion apparaît, ne serait-ce que par un murmure, un crispation, un silence qui retient sa respiration.