25 novembre.

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Il faut que ça sorte, que ça sorte par quelque part. Il faut que ça parte, que ça parte par quelque part. Quelque part, je me suis perdue.
Tout ça a marqué mon corps plus que je l’imaginais. Peut être que je m’égare, coincée dans un passé avec des souvenirs qui ne m’appartiennent plus. Le vent de folie souffle et personne ne me libère complètement. Hypersensibilité, j’agis, je manifeste, je défile. Cette réserve, ce besoin de tout inscrire sur des carnets est ma façon d’affronter le réel. Il était là, face aux mots grillagés par la barrière des dents. Il m’a procuré l’anxiété qui détricote le sommeil et tire un fil entre mes yeux. Londres m’a éloigné et puis le retour m’a éjecté tout droit dans un mur, et je me débats à présent dans la toile comme un insecte. J’ai réappris le froid sous les ongles, la peau qui refuse et les cils barricades. La mémoire compliquée du corps, de ses imprévisibles. Je fais barrage. Et la musique m’emporte, mes bras et ma tête s’en vont et la liberté me gagne. Le temps d’une mélodie l’accaparement ne fait plus partie de mes routines. Qu’il est dur de vivre parfois. Je ne pensais pas, je ne pensais pas que tout cela créerait un blocage. Je n’ai rien vu, je n’ai rien voulu voir et je me retrouve dans une impasse. L’un passe, l’un est passé, l’autre passera. A tous les temps ses changements. A tous les temps ses deuils. A tous les temps.
Soudain, j’ai eu peur de la perdre, elle, ma base, mon équilibre, ma respiration. Je me suis glissée dans le secret des coeur en pleurs, et ces pleurs ont fait pleurer mon corps entier. Soudain, j’ai eu peur de la perdre, elle, ses yeux, son rire, sa démarche, son amour, sa fidélité.

Et puis il y a rien, et puis il y a tout.
Battement de coeur.
J’ai pris le temps de défroisser un souvenir, intensément humain.