vingt-deux janvier 2019

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Je contourne son corps du crayon, je ne touche pas. Je contourne les frontières de la morale, je ne démords pas. Mes yeux capturent les lignes et les lignes tracent l’interdit. Je suis les lignes du doigt, un peu comme un jeu et, je me retrouve envoûtée. J’y ai plongé le corps tout entier, je m’y retrouve le coeur trempé. Le hasard peut-être, mais pense que tout est provoqué. Provoque. Provoque, jusqu’à ce que le pro devienne amateur et le voque ne veule plus rien dire.
Je n’avais pas imaginé cacher tout ça à l’intérieur de ma peau, mais j’ai été prise de court. Cours et prends jusqu’au dernier indice, ne te retourne pas car, certains voient même à travers la peau, un peu comme le sous-entendu d’une veine. De la veine j’en ai eu et des sous-entendus j’en ai fait.
Il me provoque des accents aigus. Malgré ça, ce qui m’occupe ce sont les mouvements internes. J’ai voulu cette plongée dans l’inconnu et je me retrouve quelque fois au milieu d’un ouragan. Alors, je m’élance sur le dos des vagues, je me laisse porter par la matière sans chercher à deviner de quel côté je vais buter. Je me sens invincible, je tourne le dos aux conséquences et je me sens à la merci des frustrations. Et même quand j’enlève mes vêtements, je me rends compte que tout mon corps porte le souvenir. Et puis tout ce calme. Et puis tout se calme. Je me sens alors en sécurité, j’ai comme la sensation de l’orage qui gronde alors que je me retrouve chez moi, derrière les murs de la vérité des intempéries. Les jours se succèdent, en bleus, en gris, en froid. Plus le temps passe et plus je sens le tête à tête, le corps à corps avec le vivant qui m’entoure.

Photo: Katrien de Blauwer.

 

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