vingt-sept octobre 2018

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Ça se passe dans ma tête, puis mon ventre et ça en finit par en venir aux mains. Et haut la main! Que touches-tu? C’est interdit! C’est interne dit l’un, taire ne signifie rien.
Dans nos ventres, les baisers entassés, les malaises emmêlés, les désirs écorchées. Les vertiges discrets n’amènent à rien. La table est noir et le vase est blond, j’observe les deux et le ventre me prend alors que je ne bougerais pas de ma chaise, j’y suis si bien au petit matin et quand la nuit m’appartient. Mes joues gardent le mystère bien caché. La tasse est pleine mais, est-ce que tu dois t’y vider pour que je me vide moi aussi et que l’on continue plus vide que maintenant? Vide vite et vite vidé évite la gorgée de trop. Ma gorge a déjà été de trop lorsque tu t’y es penché. Je me penche moi aussi sur ce chaos même quand je n’y suis pas obligée mais tu m’y obliges à travers les regards feutrés. Je feutre d’un trait épais les épais sourcils bornés. Borné tu l’es et moi aussi peut être, sûrement. A quoi bon ces sauts de joie desséchés, je n’ai confiance qu’en l’élégance des minutes plates. Plate restera cette situation jusqu’à ce que tu ne prennes les devants et là encore, les devants ne sont pas très bons puisque ce bon en question amène au danger. Les petites incompréhensions de deux enlacés amènent parfois à la continuité. Peut-on l’éviter? Léviter. Lévitons plutôt. Les pieds en l’air, l’attraction de la terre ne me concerne pas. Taire me concerne alors taisons-nous. Ma tête s’impose des critères alors que mon corps tout entier se réveille. Je place des barrières. Je me place en arrière. C’est idiot la tête parfois. Et puis la journée est passée et les joues sont tombées, le mystère bien caché n’est alors plus gardé.

Illustration: Lysiane Ambrosino – http://cargocollective.com/LysianeAmbrosino

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