20.06.2018

Quand.
Quand je n’écris pas, j’emmagasine de la lourdeur, mon corps devient lourd. Je grossis. Je compense avec autre chose; des féculents, du rassurant. Je fécule. J’accumule. Je ne me comprends pas. Je me remplis. Le malheur est lourd. Je me dispute, je rends mon conflit interne réel, je le cherche, le guette, le provoque pour sortir de l’impasse. Ma tête est pleine, pleine de voix, de blocages, d’idées, de doutes. L’inspiration se constipe. J’ovule en silence, d’une trompe puis de l’autre. Tout se passe à l’intérieur, la révolution se fait silencieusement. Le métabolisme de la femme que je deviens est un mystère, je ne sens que la remontée acide de mon œsophage. Et autour de moi, tout paraît continuer normalement pour tout le monde.
J’envie les corps maigres, les corps en vie, légers, et moi si détestable à côté. Je reproche à l’amour qui m’accompagne le manque d’attention que je me porte. Le jeûne réveille mes sens, mais mes sens en sont de moins en moins capables. Ma tête est en norme et mon ventre en complexe. Celui-ci respire trop large. Je m’essouffle dans le gonflement de son souffle. J’avale le rire et crache la nostalgie. Je ne laisse transparaître que le sommeil et les nuits aux yeux ouverts. Quand j’avance, je recule.
Je recule.
Je recule.
Jusqu’à tomber dans l’ennui des sens.
Décence, je n’en ai aucune, je n’en fais pas preuve. Mais la preuve descend là où j’attends.

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