19.03.2018

 

Comme le glaçage d’une tarte qui craque sous une lame de couteau, le couteau sous la gorge bat dans mon ventre et émiette ce qui se cache. C’est juste un café; et puis quand j’en parle, même les mots me semblent boursouflés. Tout ça est à l’intérieur, ce tout ça qui m’empêche de rester immobile, et tout ça ressemble un peu à un gros bloc. La fine pluie ronronne le printemps assis sur l’hiver. Dehors, la nuit tombe et vingt heures s’apporte sur un plateau-repas. Je pense à avant anesthésier et à après qui se chuchote. Et soudain l’été passe comme un camion jaune. Déborder. Des bords, d’abord. Des bordées dans ma tête, j’en entends mais je borde avec patience les bords qui souvent débordent quand je me perds. Mais je crois aux débordages que rencontre les bords de l’âge. Borde l’âge jusqu’à ce qu’il somnole.
Je rencontre des tabous de l’imagerie populaire, je traite les libertés d’un manifeste pour que la location du corps reste sans tabou. Ta boue, je la vois quand je dérègle les règles et que je lis qu’aujourd’hui, même nos règles sont tabous. Mais comprenez-vous qu’il faut oser pour que le monde frémisse encore? Que l’écume ne bouillonne que lorsque la vague est renouvelée et que ce n’est que renouvelé que l’on avance encore?
Le nombre prodigieux d’heures que j’aurais gaspillé à m’interroger sur le sens, le bon sens, le non sens, le sens interdit, le sens unique, le sens de la vie, le sens de l’humour, le sens que je dois prendre pour défendre mes convictions me parait exagéré.
Je ne possède pas assez d’esprit pour bien parler ni assez de convenance pour me taire et cela bascule dans l’impertinence des épaules trop étroites, des corps serrés, trop serrés pour les convenances. Les cons venant des quatre coins du monde se lancent et comment, ils se lancent de tout élan dans la bonne figure, et celle-là, ils l’a font, quitte à catégoriser le monde en deux parties: les victimes de sexe et les assoiffées d’amour. Victime de sexe, nous le sommes tous et assoiffés d’amour aussi, bien heureusement.
Derrière les mots, il faut quelque chose de vécu, d’infirme et de blessé et là, il y aura quelque chose à dire.
Les odeurs occupent ma tête, les goûts mes narines et le bruit entasse ma vue. La passe est le moment où la vérité se paie mais on paie souvent pour passer au-dessus la vérité. Alors où en est-on?

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