30.11.2017

Tout est en désordre, les cheveux, l’ordre, le lit, les mots, moi, toi et eux peut être.

Et j’apprends, j’apprends dans la durée exacte du temps que tout n’est pas si logique, si jaune, si bleu. J’apprends que parfois le temps se précipite, qu’il se suicide, déboule et puis, sa lente retombée nous affecte et qu’il faut néanmoins endurer. En durée, je disais, c’est aussi ça sans doute l’intelligence du moment. Tout ne tient pas droit, tout n’est pas si droit, regardez, même l’horizon penche et ce n’est pas pour autant qu’il ne possède le culot de l’infini. Et je reviens sur l’amour, peut-on le jeter par la fenêtre, même celle du 3ème étage? Il faut se perdre pour comprendre la perdition, mais celle-ci n’a pas d’indication donc, comment comprendre? Quand l’explication n’existe pas. Et tout ça me fait écrire des silences, des nuits, je note l’inexprimable dans un cahier ligné et puis je remets en question tout ce que le vent touche, et le vent me fixe et me donne le vertige. Où est le point de fuite? Celui sur lequel je fixe ma perspective? Et vivement que l’on oublie pourquoi le matin ressemble à celui d’hier et pourtant il n’y ressemble pas toujours, rappelez-vous que rien est identique quand le chagrin douloureux est en mouvement. Mouvance il faut que je bouge avant que mon moi étouffe. Et j’inventerai une vie parallèle, insouciante et légère, comme un roman d’été car, sinon l’espace à vivre sans l’autre est déjà aussi présent qu’une hantise. Et je me demande parfois si l’absence réside vraiment dans le fait de disparaître de la vue ou si un corps présent peut se considérer comme tout autant absent mais, l’absence de réponse me pousse à dire que tout est bien plus subtil que ce que l’on imagine. En écrivant je mens beaucoup, je mens pour tout ce qui est démenti.

Je mens

Je m’en fiche amèrement car, c’est dans l’invisible que le non-dit se fraie un chemin et puis, comme disait Paul Valery, tout commence par une interruption.

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