08.10.2017

 

Le temps est à l’automne ce que l’automne est aux collants fins.
Le temps est aux feuilles qui manquent d’équilibre.
Et je t’écris que je t’embrasse.
Et je t’écris encore que je t’embrasse.
Chaque trait pour un jour passé sans toi
Marguerite Duras disait qu’elle en a fait d’autres, des avenirs à bout de ficelle, je me fie de celle qui va de bout en bout. Décèle en celle, qui est à toi.
Et malgré la distance, je te raconte l’invisible, je t’écris sans rature l’invisible autour de moi.
Le silence m’apaise, c’est à lui que je me confie. Et je trouve des formes aux nuages. Je bouche le temps qui reste devant moi et je libère celui de derrière avec mes doigts. Un doigt pour chaque trou et le temps me vient en bouche. Je l’avale.
Le matin s’allonge dans notre lit, la matin a pris ta place.
La fuite, la belle échappée
L’attente, l’évidente parenthèse
Que vais-je faire du temps perdu sans toi? Peut être que je vais en faire une promenade.
Bleu solitude
Rouge baiser
Jaune manque
Le jaune manque au baiser de solitude rouge et bleu
Et je ris de notre carrelage qui s’ennuie. Et je ride, es-tu? Tes rides de trentenaire sont quelque part engrottées, au loin, au loin dans un coin d’Italie.
J’ai acheté des fleurs. J’ai été tourmentée. Je me suis jouée quelques tours, j’ai fait un tour et puis je suis montée sur celle-ci, la vue était belle.
Je me suis exercée à l’abandon, on m’y a invitée mais ça m’a fait l’effet d’une claque. J’en ai gardé quelques jours un léger balancement, une danse forcée.
J’ai pas trop parlé, il y avait pas grand chose à dire. Je me suis expatriée dans le désordre. Et puis si je ne me tiens pas droite, mon coeur fait mal, on dirait que mon coeur est écrasé.
Je respire le parfum du vent qui verse comme si la terre penchait.
Et elle disait aussi que les baisers sur le corps font pleurer et qu’on dirait qu’ils consolent
Et je t’écris que je t’embrasse.

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