06.01.2016

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Je m’en débarrasse et la chair déserte mon quotidien à mesure qu’elle envahit ma dignité. Encore, j’en ai demandé encore. Bien trop longtemps il a caricaturé l’érotisme pour en faire un enjeu, un filet qui se détachait de lui et emprisonnait les émotions que je ressentais. L’attente comme une extension du visible et non une gamme mélodique ou méthodique. Du vivant plaqué sur les murs.
Une simple interaction décale, dérègle, dévie la mécanique du corps et l’émotion apparaît. Il naît alors une sorte de beauté, un espoir réel qui obéit aux mêmes troubles que l’excitation et suscite le désir.
Un éclat de peau. Une lumière qui vient toucher un corps. La révélation d’un grain de beauté. Le reflet d’une rougeur. Le spectacle du trouble provoque le trouble dans une sorte de danse charnelle. L’érotisme surgit alors comme signalant l’évènement d’une sensation, d’un état qui passe comme un courant d’air et relève dans l’air le fantôme du toucher. Cela implique un geste, une humanité. La nudité ne suffit pas, le corps à corps non plus. Car le geste en tête et en tête à tête il se juge dans sa qualité.
Une main qui se tend sous l’élan du désir est un cadrage qui cible le point d’intensité d’un besoin. Le trouble, encore, celui qui vous tape sur l’épaule et vous séquestre dans la patience d’un retournement de situation.
Elle est belle, non? Tu rêvais de la voir, non? Cette vérité qui te pendait au nez depuis le début. Le voyeurisme bouche son trou et l’estime de soi croise les jambes. La bonne pomme, une image de magazine sur papier glacé qu’un verre dans le nez peut parfois rechercher. En 2016, je préfère les gestes plus glorieux et les corps plus vivants, plus sobres, ceux sujets à leur propre désir.
L’érotisme nous implique au-delà de la simple beauté de façade. Le charnel fait tourner la tête, il se lie à l’instinct et déborde sur l’entendement. Le geste suppose alors une surprésentation, une sublimation. Cela s’appelle une exaltation.
Il crée des corps scandaleux et des attitudes qui explosent l’ordre établi. Il remet au premier plan la sensibilité, l’impulsivité. Être ému, troublé par la posture d’un corps suppose une forme d’amour dans le regard. Il bloque une image idyllique. Dans la période d’intimidation, tout éloge du plaisir et de l’esthétique est bon à prendre. Apprendre encore, en toute déraison. Encore. Encore. Encore. Les yeux ouverts, cette fois-ci.

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