30.12.2015

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C’est dur et pourtant ça donne un corps tout mou. Un corps pantin. Un « corpantin » devrait être le terme pour un corps sans inspiration, souffrant, un corps qui dort, un corps anesthésié, un corps qui respire par des silences ouverts d’un moi qui se tait. Je suis pleine de formes qui ne m’appartiennent pas, que je n’accepte pas, que je ne veux pas. Mes doigts sont écoeurés, ils sont fragiles et laissent tout tomber. On dit que quand quelque chose nous tombe des mains ça veut dire que quelqu’un nous désire.  Je troque ce désir pour de la tranquillité. J’ai échangé un cavalier pour un fou. Les cartes disent vrais. C’est coincé dans ma colonne vertébrale. Ça hurle dans la moelle. Ça brûle la droiture. Ma tour est tranquille, en position d’attente et pourtant, ça s’écroule. Qu’est-ce qui m’arrive? Pourquoi j’ai autant de mal à respirer? Je n’ai pas appris à prendre mon oxygène de cette façon là.
Deux corps qui parlent mal, en barbarisme, en fautes d’accords, en défaut par une mauvaise concordance des temps, en manque de contenu. La vérité arrive toujours en retard, il y a la priorité pour les rapports imprécis entre les gens.
Mais j’emmerde le matin qui amplifie la force virginale et riche en mots nus, en idées fortes et qui bulle derrières les illusions. J’emmerde la nuit qui met en fuite le jour, l’amour comme une éducation d’un cœur qui bat mal, qui fait mal, qui fait mal ce qu’il devrait faire bien. Un battement régulier qui sirote je ne sais où.
On n’oublie pas le désir, le désir fait l’amour, il cautionne la dépendance, il pousse le corps à corps dans une poésie lyrique.
Qu’est-ce qui me manque pour que tu me regardes droit dans les yeux? Qu’est-ce qui manque aux yeux quand je ne regarde que le manque? Ça m’écœure. Ça met le cœur à fleur de peau. A fleur de peau je troque la caresse d’un pétale. C’est frustrant de penser que je ne suis assez rien pour rien y changer. Changer ce rien pour un assez et penser que c’est frustrant. Et tout revient là, à un dos qui se tourne pour ne pas me croiser. A un dos qui refuse de voir mes yeux et fait semblant que le hasard n’existe pas. J’embrasse le hasard, je lui laisse même la marque de mes lèvres, au moment du miroir, il s’en rappellera.
Et demain, 2015 laisse tomber sa dernière feuille, il est temps que cette année s’achève, il est temps de laisser place à une nouvelle floraison.

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