Le 24 avril 2015

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Toute vie est soumise aux lois de l’attraction, elle est disposée aux formes lunatiques de la beauté. La vérité extérieure, celle que l’on ne peut pas cacher. Les billes roulent alors comme des points d’interrogation marquant un étonnement indocile et rieur devant les faits qui sourient comme on sourit à l’inconnu. Il est tôt, aubes héroïques et caféinés devant une relation qui n’a rien d’évident puisque nous avons mis un an pour conclure. A moins qu’elle ne soit évidente pour cette raison même. Et puis un jour ça bascule.
Je ne suis pas pucelle de la mort, elle a déjà mis le nez dans mes affaires à deux reprises mais elle tapote encore une fois sur mon présent, elle me percute violemment. Je ne la digère pas, comme beaucoup d’aliments que je ne mange plus ou en faible quantité. Chaque jour me rapproche de la mort et chaque jour il faut manger. La mort apporte les plats en attendant la vaisselle? Tout, toujours. Ou rien, jamais. Fichue extrémité. La tartine a ses habitués du dimanche mais dimanche n’est pas si sûr.
L’avenir est inquiet, il devient vite un endroit où tyranniser l’autre. Je fous la paix à l’amour, je me demande même si celui-ci est capable de m’aimer un peu? Je ne suis qu’un corps dont le seul agrément est qu’il s’amuse de moi comme avec un élastique entre ses doigts. La vérité se dilue dans l’eau de la conscience, les faits recouvrent le corps, le supplante. Pourquoi ne puis-je démêler le lien humain? Les nœuds des rapports humains forment une pelote d’incompréhension.
Les corps sont suffisamment douteux pour se trahir eux-mêmes et mentir aux autres car, ils chutent moins de légèreté que de gravité. On appelle ça la fatalité. Ma première histoire d’amour prend trois secondes pour se dire et file aussitôt en points de suspension. On peut égarer son âge, ses clés mais pas la première fois que l’on a cru aimer, celle-ci se faufile dans la vitrine, celle du coin, celle de l’épicerie du temps. Fruits insensés du hasard, ceux-ci oublient ce qu’ils prodiguent, on ne peut leurs faire confiance, la vie est un corps trop bien membrés.
Le passé se révèle incommunicable entre ceux qui s’attirent ou se lient car, les moments partagés, si lointains soient-ils sont comme un présent perpétuel, extensible, alternatif, dont l’intensité augmente ou diminue selon les courants de la mémoire qui ne saurait être considérés comme révolu.
La mort rejoue l’amour dans ce qu’il a de plus banal, la sujétion, la carence de l’autre, les remords.
Il faut donc en conclure que tout ce qui advient a du sens, même si ce sens est caché. Que les vivants sont les jouets de celui-ci et que ce sens leur survit. La vie c’est du temps aboli, un passe, un passe-passe dans les manches. Le temps de l’imaginaire.

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