Le 22 mars 2015

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Toujours trop, sans savoir, sans rien prononcer. Il ne faut plus rien dire, il faut se taire, je me tais. Le corps, quand je pense, il va vieillir, les seins pourrissent, les rides et puis, au ventre, sous les fesses. Sans jamais s’en vouloir d’essayer et aussi longtemps que, non. Nous dormirons ensemble.
Amoureux voyageur de l’un à l’autre, se sera bouleversant j’espère car, c’est à force d’aller-retour qu’on avance. Seule, très vite, il n’y a plus la raison pour me bouger de moi, je suis bien avec ou sans toi. On changera nos habitudes. Profiter de la musique comme une musique basse, une sourdine, une sourde digne. Et les baisers, ne servent-ils qu’à fermer les bouches?
Il faut un temps pour chaque chose et chaque chose en son temps. Des histoires de filles immobiles, des manières d’inattention. Les mots s’en vont, ils sont en-dehors de la question. La retenue est la lingerie du corps, un coupe-faim de l’intimité. L’évidence s’engourdit, virevoltante et fuyante. L’orgasme murmure pour être sûr que tu ne l’entendes pas car si tu l’entendais, sauterais-tu? D’un pont? D’une marche? En arrière? A saute mouton?
« Au printemps tu verras, je serais de retour,
le printemps c’est joli pour se parler tout court »
On peut se fréquenter en toute légèreté juste en soutenant la note, en donnant une nouvelle pression sur la touche sans la frapper encore, c’est à dire non pas laisser son corps et ses questions lourdement s’engluer dans un souvenir, ni non plus filer rapide dans des projections toujours en avance d’un désir.
Il y a les padam, l’envie d’agir et de se fondre, d’être et de se perdre. Il y a les couples, excellent palliatif structuré, les veux-tu les voilà, par paquet. Le couple statique qui empêche de craindre, qui désordonne, qui craint le mouvement, qui craint cette démesure alors que dès que ça se mesure, tout prend de la distance et s’éloigne.
Alors on embrasse, on se touche. On essaie de satisfaire. On a peur. On tremble. On doute. On se pose beaucoup de questions mais, on se laisse pénétrer par l’envie, par l’angoisse par lui.
Et je suis perdue parce que je veux lui dire que pour tenter, pour rester, il faut pouvoir accepter la nécessité de l’autre. Il faut pouvoir désirer, espérer, attendre, saisir, être possédée puis dépossédée, souffrir de jalousie, d’anxiété de peur. Mais tout le monde redoute les sentiments forts, la passion mais aussi la haine de se rappeler de quelque chose qui au final ne le concerne pas car il y a une différence entre chercher l’amour ou son apparence, une coquinerie sans affolement, sans débordement et à la fin on reste planté dans nos corps, traversé par rien, ni par le sentiment, ni par les sensations, ni par ce qui fait la vie. Alors je reste, encore. Mais toi?

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