Le 25 janvier 2015

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Et si je n’étais qu’un contour, une pièce de puzzle découpée sur l’air. Deux dimensions, une longueur, une largeur, pas de profondeur, habitée d’un rien. D’un rien? Pourtant, étrangement, filtre de ce rien une multitude d’idées de ce qui pourrait être si… mais impossible pour le moment de ne rien saisir de toutes ces questions énigmatiques.
Corps mort? Pourtant, il vit, respire, apprend, mange, saute donc pas mort. En dormition.
Avant oui.
Pas maintenant.
Mais après?
Je vais boire un verre avec mon palpable, on n’a rien à se dire. Buvons en silence.
Je déménage. Je m’émancipe. Mon opulente jupe se gonfle elle prend souffle. Décoller. Bouger. Déjà à moitié envolée car poussée par lui et aspirée par lui.
Mes journées ainsi se déroulent, je vais, viens, je suis mouvement, vent rapide et léger, je suis passée, je repasserai, rien me me fixe, tout me pousse à n’être jamais là, vraiment. Toujours en amont ou en aval, allant, devenant désir et cherchant celui-ci ailleurs. Est-il ainsi le désir d’un homme et d’une femme qui avancent l’un vers l’autre. Les désirs de la chair montent puis retombent, se posent, aboutissent. Face à moi du palpable, jamais vraiment un autre, course effrénée qui aboutit à.
Tout change tout le temps, l’habillement, les gestes, la façon de se tenir, de marcher, de parler, les accents, les odeurs mais pas la façon d’unir deux corps, d’avoir du plaisir ou de refuser d’en avoir, ni la façon d’arriver à en donner, ou à ne pas vouloir en donner, à l’autre. Qu’est-ce que cela fait de rester hors des questions du corps? De s’asseoir sur une chaise et d’attendre que le culot passe?
Ne voulant pas de chair, de matière, il m’était impossible de me mouvoir, 1, 2… ça bouge, mon volume abandonne un peu de sa configuration étriquée, semelles de plomb qui deviennent plume, mon mètre septante s’allonge 3, 4… mon espace augmente, mes bras, mes jambes se tendent, s’écartent, repoussent les bords du tableau, rejettent ce qui a une fois voulu mourir, je surgis.
Dehors, je ne suis liée à personne, silhouette silencieuse qui pour entendre le rythme chaotique se balance, s’élève, retombe, pèse de sa pesanteur puis apesanteur. J’amollis les hermétiques, j’ôte l’air des frontières qui timidement se mettent à sonder l’infini. S’évanouir, fuir ce regard qui vous englobe, vous fixe, vous détaille, vous convoite.
C’est le grand jour, je vais un peu au devant, robe légère, comme habillée d’air en espérant que l’écriture me suive.

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