Le 7 août 2014

Une longue période avait été grise et sans mouvement, c’était maintenant comme si un courant d’air frais et nouveau m’avait mise en route. Je sens des pulsions que je n’aurais pas cru possible, je reste donc immobile tout en regardant le ciel se déplacer. Tout ça frémit et balance comme les cordes d’un violon, une mer qui se courbe. Les nuages s’ensablent de façon lente  et ininterrompue. Les vagues parlent d’une voix creuse. L’été reste suspendu au-dessus de l’eau. La jalousie s’est défaite de ses gonds et s’est cognée dans le mur jusqu’à vouloir tourner la page d’un lui qui ne veut concrètement pas d’elle. La raison renifle dans le lit, pas de ronflement, pas un bruit. Le sentiment qui est là, si curieux, même mystérieux et qui pointe quelque chose de lointain. Quelque chose que je ne vois pas. C’est beau de mourir d’un amour, beau de rester absent. « Je suis amoureuse » se range dans un écrin. La naissance d’un désir fuit. Je sentais si délicieusement que ma robe se laissait soulever par le vent d’Italie. Cette robe qui durant de longues années avait pendu comme une armure autour de mes cuisses. Monsieur, il est dit que parfois des êtres se rencontrent et qu’une douce mélodie s’installe dans leurs cœurs. Vous m’obligez à passer tout droit, vos yeux et vos mains ne veulent pas de moi.
Je rentre en Suisse et dans demain.

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