Petit Palais – « Paris 1900 »

 

Le mythe de la Parisienne

La porte monumentale qui donnait accès à l’Exposition universelle était dominée par une statue. La Marianne républicaine attendue avait laissé la place à une Parisienne habillée par Jeanne Paquin et sculptée par Paul Moreau-Vauthier. Une telle substitution était éloquente et marquait le rôle de cette figure universellement admirée qu’un chroniqueur contemporain définissait ainsi : « La Parisienne diffère des autres femmes par une élégance pleine de tact, appropriée à chaque circonstance de la vie ; ses caractéristiques sont la sobriété, le goût, une distinction innée et ce quelque chose d’indéfinissable que l’on ne trouve que chez elle, mélange d’allure et de modernisme et que nous appelons le chic. »

Les petites Parisiennes, en particulier les « trottins » chargés de livrer les chapeaux des modistes, incarnent l’essence de ce bon goût tout autant que la comtesse Greffulhe ou la duchesse de Guermantes imaginée par Marcel Proust. Quant aux riches clientes étrangères, elles partaient avec une ombre de cette gloire après leur tournée des principaux couturiers et une pause dans l’atelier d’un portraitiste à la mode chargé de les immortaliser ainsi parées.

giovanni-boldini-portrait-of-princess-marthe-lucile-bibesco

Paris la nuit

Avec la modernisation de l’éclairage public, la nuit parisienne devient un lieu accessible où le travail cède la place au délassement. Même pour les moins fortunés, du café-concert au music-hall, du bal au cirque, le spectacle se trouve partout dans la ville. Paris développe sa réputation de capitale de la fête, où tentation et corruption provoquent tout autant les frissons du plaisir que ceux du danger.

Aristocrates et magnats de l’industrie ou du commerce de l’ancien et du nouveau monde séjournent dans la capitale, attirés par l’aura sensuelle et festive des nuits parisienne qui renforce le mythe de la Belle Époque. Les femmes, en ces heures nocturnes, sont autant des ornements que des proies. Les gens fortunés ne sont pas seuls bénéficiaires de cette ambiance et chacun peut donner libre court à ses désirs, quand toute la ville se transforme en un vaste boudoir. Et le parfum d’interdit va bientôt s’exporter lorsque, avec Le coucher de la mariée, le monde entier peut assister au premier effeuillage du cinéma naissant.

ARMENONVILLE, LE SOIR DU GRAND PRIX DE LONGCHAMP

Publicités