Le 25 avril 2014

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Est-ce que le corps a le vertige quand il sent qu’il doit prendre son temps? Un instant, on retombe dans la pudeur de l’innocence. Et on entend le son aigu d’un baiser qui ne se laisse ni toucher, ni effleurer. La décence de l’embarras face à la modestie de la gêne ne font place qu’à la tenue d’un dos bien droit, trop droit pour en finir avec l’espacement de la convoitise. L’ennui comme un silence bavard. Le vide comme un trop plein de prétention. L’alinéa de la réticence invoque son souffle sous la lumière des lampadaires. Les regards embobinés de questionnements. L’envie de savoir pour y croire alors qu’il serait fou de gonfler l’avidité comme un ballon grotesque pour le porter aux dimensions de ce que l’on évoque. L’énigme de ne pas savoir la forme donne à l’air étroite et nue tout son sens. Il n’y a pas d’interruption dans la réalité, elle se succède par principe. Et si la vie ne parvenait pas à trouver sa place entre elle et lui ? La peur arrive par surcroît lorsque l’injouable ou l’inadapté que l’on croyait savoir déconcerte et interroge encore.

La parole entre sans force dans l’action et rend possible les corps qui s’éveillent et se suscitent sur un muret. Il faut la petitesse de la retenue mais il faut laisser un filon à « l’aisément », sans-effort, sans-façon, simplement.

Cacher sa vie tout autant que la dévoiler, ou plutôt la montrer toute crue mais de telle façon à ce que l’on ne puisse reconnaître la nudité. Ce qu’un autre appellerait le mentir vrai se confond avec l’explication d’une circulation sanguine qui tape et rebondit pour perpétuer. Chaque geste qui entre porte un peu de secret, il en délivre une parole dissimulée dans les premières lignes de chaque respiration.

Cette histoire comme un baiser sans bouche.

 

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