Le 12 avril 2014

Pierrot le fou_2

Un amant de l’impossible venu raviver son besoin d’autre chose dans un sourire sans lèvre.

La beauté, la grande beauté construite par le vouloir du regard ne fait grâce qu’à la disgrâce d’un destin peu commun que tout parait contredire.

Je le cherche dans la vanité des existences, l’inutile éternité des arrières-goûts et la vibration perdue des « il me semble ».

Le joli mois d’avril commence sur un quai de gare dans l’audace des regards fouettés de mascara, le fard aux joues et l’ampleur arrogante d’un numéro qui envisagerait un laisser-passer.

Quels souvenirs pour distraire les contraires ?

Et je fixe une idée au mur malgré la douche froide de l’indifférence.

Je me suis imaginée armée en mousseline, en mouchoirs, en gants et faux cols mais vient le déluge d’une réalité idéalisée. On devient pragmatique lorsque l’on se sent en danger.

Il a ce regard, quelque chose d’irrésistible qui n’appartient qu’à lui. Ce tragique fardé parle. Cette folie de l’instantané que rien ne peut égaler car, l’adrénaline bouleverse le quotidien face à la liberté des défauts surpris que je m’étais approprié comme une voleuse. La manne paradoxale des traits caractériels. La bouche pleine de clichés.

Comment apaiser l’âme lorsqu’elle a déjà noué sa cravate ?

Le vertige des apparences tombe lorsque celles-ci se retrouvent devant deux corps nez à nez. Mais le visible traité avec ruse sert la puissance de l’invisible.

Il y a presque dix ans. La fatalité d’un hasard auquel on ne peut désobéir, on peut la duper un instant mais on ne porte pas la lourdeur d’une rencontre sans conséquence.

Un regard peut peser une tonne lorsqu’il est inattendu, surtout lorsque la solitude a aiguisé l’attente. Être seule rend sensible à des choses qu’à deux, occupés l’un par l’autre, il est possible de négligé.

Le bal masqué d’un merveilleux silence.

Le beau défi de s’entendre dans une langue rapide que sont les croisements dans une gare où la sublimation s’évapore dans une course esthétique. L’œil sélectionne comme un premier pas désordonné, égaré par le brouillard du désir et c’est alors que celui-ci s’épaissit dans la continuité du mental.

On veut toujours dominer l’occasion qui se présente par un geste irremplaçable, par l’échange du surprenant.

Le surcroît d’égards. Un cliché. Un lieu commun.

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