Le 18 mars 2014

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Le hasard ose des choses que l »on n’ose pas. Il envoie sur les roses des souvenirs délavés. Des bouquets de fleurs en laine, des rideaux en osier ou un lustre en porcelaine.

Un regard tombant. Un maintien plongeant. Une voix légère et claire.

Il n’y en a pas un pour attraper l »autre. Pas un pour rattraper l »autre.

Des regards en vitrine, coupés bien nets et bien carrés. Du charme sur escalator. La prochaine fois comme un coup de dés, un concours de circonstance.

Et j’attends l »aléatoire. Les jambes sciées et l »aspiration incertaine.

« Monsieur, mes yeux ont dû vous fuir lorsqu’ils vous ont croisé. »

Jeudi dernier s’allonge encore. Il s’étire, il a 16 ans, là où les bras sont restés croisés. Le retour à l »ouïe comme un bagage mal fermé que le son attrape encore comme si presque 10 ans n’avaient pas séché le souvenir d’un humide courant d’air.

Et le train bave encore la gare en démangeaison. Les regards se paradent, se heurtent, s’entrecoupent. Le baiser du destin. L »homme qui marche vers un nouveau printemps. La peau se durcit face au malentendu de l »étrangère qui postillonne un bonheur défendu, en surface, comme une chanson de l’’innocence.

Et on s’en moque. On ricane parce que l »on sait. On sait que vouloir est un fiasco qui tire sa révérence devant la probabilité de la conjoncture.

Je garde en tête, je ménage le pli d’un pantalon vert, je séquestre des cheveux blonds et j’entretiens la posture fugitive avant que tout soit désappris et épargné.

Ou.

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