Le 24 janvier 2014

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Les odeurs étaient blanches. L’atmosphère tiède. L’air était lourd et sans espace, à l’étroit dans ce wagon restreint par la place que prenait les haleines, les mots, les soupirs, la subtilité des portables. Il ne restait aucun siège pour l’odorat ; celui du temps, des souvenirs auxquels on grimpe pour s’échapper du présent. Et derrière moi, le culot d’un accent du sud, la diction à saute mouton sur les syllabes me tape le tympan et me rappelle la mémé de ma meilleure amie et soudain, ça me réchauffe, ça m’enlace même si mon sourire se fait très vite bouffer par la nostalgie.

Le ciel gris comme une métaphore de mon état d’esprit. Il a les pieds glissants et patine sur le climat à fleur de peau tandis qu’un rayon de printemps chatoie sur la vaisselle des beaux jours de janvier. L’hiver à plat ventre retient parfois l’idée d’un réchauffement précoce par les dents. La floraison n’a pas appris à marcher, que déjà elle tente le pas de course. Les bras postillonnent tandis que l’inconscient se porte en bandoulière et les bras m’en tombent.

L’herbe s’est rasé, son poil est à présent régulier. Et sans cesse cette odeur, un murmure à mi-mot qui pommade les sens et hydrate les vestiges. Le large à tout perdu de vue et de son long, il a tout bu, à grandes gorgées, sans respirer.

Quand j’ai heurté de pleins fouet les parfums, j’avais à l’arrière un laisser-passer, quelques fruits et trois tonnes de brouillard.

Je prends le manteau et je place dans les poches la gaucherie, l’amertume de Venise qui me manque et me berce puis me perce les poches et ma solidité, l’équilibre de mon plancher.

On se préfère, on se diffère. Comment s’y faire ? Oui, Madame, quand le retour de flamme me savonne. Je regarde en l’air.

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