Le 1er janvier 2014

tumblr_myj0bo68fJ1qzt15co1_1280

L’écriture me sort de l’ordinaire, par des gestes pourtant ordinaires, des gestes, des mots de tous les jours. Elle a une autre manière d’être là. L’aimer c’est m’inquiéter. L’air devient solide dans ma gorge. Mon ventre et ma tête contiennent des objets qui pèsent. J’essaie de trouver des occupations pour mon corps, pour m’en défaire rien qu’un peu, pour m’alléger. Marcher. Cuisiner. Lire Madame Bovary. J’essaie de penser à des choses insignifiantes mais avec l’écriture, un rien se transforme vite en tout. Puis vient l’odeur, le goût, le bruit, le toucher d’une idée. Je tente ensuite de remplacer cette inquiétude pleine de désordre, ce grand chaos qui s’étire comme un linge au soleil. Préoccupations légères de ne pas parvenir à ordonner ma tête. Et ça m’angoisse aux yeux, aux oreilles, à la gorge dès que je m’arrête de tourner. J’ai bien trop peur de perdre cette vue et le fil. Et mon corps me rappelle alors le poids au ventre et à la gorge. Le poids qui est d’aimer un art. Un art de vivre. Elle et moi c’est une histoire d’attente depuis le début. C’est l’occasion des disputes, du désaccord. De calibrer la mémoire, les affections, les manies. C’est une affaire délicate. Nous n’avons pas le même gabarit à propos des choses et des émotions. Et ça rend incapable de vivre une histoire d’amour. De la vivre. D’y vivre. De vivre à l’intérieur d’une histoire que je n’ai pas écrite. Je ne sais peut être pas vivre. Je reste à l’extérieur de toute chose pour ne pas me faire noyer. J’observe comme une maladroite apeurée.

Il faudrait que je me réveille. Que je sorte du sommeil comme d’une peau et que je me débarrasse de la vieille mue car, elle m’empêche de vivre pleinement et d’être là. Je suis en veille. Quand la vie me tire contre elle, je me sens contrainte de dérégler l’horloge. Le changement de climat est trop inattendu.

Mais là, surprenant, vivant et printanier j’ai tellement envie de lui que mes jambes tremblent.

Dans ce cas là, l’écriture me rassure, elle me permet de m’y habituer

Publicités