Le 2 août 2013

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Venise sur le dos. Venise en équilibre sur l’eau. Le ventre plat, les bras croisés sur sa richesse. Sa beauté, les mains dans le sac, navigue la tête haute en direction d’un pont soupirant.

En temps sec, les bâtiments ont les marques des chaussettes ; quant aux ponts, ils font le dos rond.

Les églises s’agenouillent, priant pour des jours moins lourds.

C’est l’esprit de Venise, c’est le côté palpable de l’existence, son discours direct qui se fraie dans cette espèce de fluidité humide. Elle arrivera à faire sentir l’existence comme une matière. Ce n’est donc plus le temps qui est important, c’est l’air qui est entre elle et moi.

Les monuments sont comme des dessous de table, ils enjolivent la vaisselle historique.

Les ruelles sont boursoufflées par le linge et les pieds des gondoliers se posent sur les murs comme de la semence.

Les portes masculinisées par leur carrure s’ouvrent sur la féminité des cours intérieures.

Son image, je la plaque sur mon visage comme du papier mâché. Je la moule sur mon nez pour sentir son odeur de libertinage. Je la moule sur ma bouche pour goûter à sa majesté. Puis, je la moule sur ma vue pour m’aveugler de la désobéissance avec laquelle elle a traversé les siècles.

Venise, telle un parasol, elle s’ouvre et fait de l’ombre aux plus belles villes du monde.

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