Le 31 juillet 2013

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C’est à Venise, en 1516, dans le quartier de Cannaregio que fut installé le plus ancien ghetto juif au monde.

Les premiers juifs de Venise s’établirent vers 1390 dans une partie de Cannaregio où était établie une fonderie (geto) qui donna son nom à l’enclave où il furent cantonnés durant plusieurs siècles. Initialement, ils ne pouvaient résider en ville plus de quinze jours et leurs activités économiques étaient limitées à la médecine, à l’usure (pratique interdite par l’Église) et au commerce d’occasion. Ils eurent le droit d’habiter à Venise de façon permanente en 1516 lorsque la République les autorisa à vivre dans le Ghetto pour les remercier de leur soutien financier durant la guerre contre la ligue de Cambrai. Les grilles d’entrée du quartier, qui étaient surveillées par des gardes chrétiens rémunérés par la communauté juive, restaient fermées du coucher du soleil à l’aube. Les juifs devaient porter des insignes ou des couvre-chefs distinctifs, n’avaient qu’un accès restreint à la propriété et devaient s’acquitter d’une série de taxes discriminatoires. Aussi drastiques que ces mesures puissent paraître, les juifs étaient probablement plus en sécurité à Venise que partout ailleurs en Europe, si bien que souvent, des juifs d’Espagne ou du Portugal venaient régulièrement grossir les rangs de la communauté vénitienne. Ils continuèrent donc à officier en tant qu’usuriers ou médecins, ces derniers étant les seuls à pouvoir sortir la nuit du Ghetto.

Finalement, Napoléon fit abattre l’enceinte en 1797 et les juifs devinrent des citoyens vénitiens de plein droit après l’unité italienne en 1866. Menacés par le régime fasciste durant la Seconde Guerre mondiale, beaucoup furent déportés en 1942-1943 et environ 200 périrent dans les camps.

L’ancêtre de tous les Ghettos est encore aujourd’hui le centre de la petite communauté juive de Venise.

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