Le 10 juillet 2013

2013-07-10 13.38.00

Petit train de ma jeunesse, le petit train s’en va, se cogne peut être mais s’en va tout droit.

J’ai abusé du temps, j’ai abusé du froid et voilà qu’il abuse de moi et vient me chatouiller là où il ne devrait pas.

C’était le temps d’une autre année, de l’inexpérience, des sauts sans être assurés, des amours en accords majeurs et de la venue d’une avalanche.

Il n’y a rien à dire, il n’y a rien à faire, il n’y a rien à défaire ni à refaire et encore moins à redire.

Et je me fous.

Du temps qui passe, qui presse et de la maladie de ma jeunesse. Du malheur, du bonheur et souvent même de la joie. Du soleil déglingué et de la pluie d’été. Je me fous des coups, de toi, de moi et du picotement dans mes doigts. Des folies cinglées, de Braque, Picasso ou de mon corps tatoué.

Du chagrin, de m’être parfois emmêlé les pieds et d’avoir envie de pleurer.

Derrière les vitres du train, je vois la vie à grande vitesse, le temps qui va vite, mais qui au final paresse.

Et vive le vent de juillet qui donne de l’élan à la terre pour tourner et qui comme sur une balançoire nous donne l’envie de sauter.

Un dernier coup d’oeil en arrière, dans le rétroviseur là où est resté figé l’image d’un père qui m’avait oublié.

Je continue ma route la tête serrée et je sautille sur l’oubli de mes 18 ans. J’enlève le pansement sur mon béton, c’est dur à regarder, à écouter, à sentir, ça fait peur, ça claque, ça mord. J’ai oublié de respirer.

Lentement, je jette par les fenêtres et un peu sur les toits tout ce qui prend trop de place et trop de poids. Je serais témoin à un couple de colombes, je danserais même sur les tombes, la mort fait partie de moi.

Petit train de ma jeunesse, le petit train s’en va.

Et vive le vent de juillet.

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