Le 16 juin 2013

2013-06-16 14.21.19

Accepter l’irrationnel et l’imprévu.

La chance (du latin cadere, choisir, tomber) relève-t’elle du hasard (de l’arabe az-zahr, jeu de dés) ou de la fatalité (du latin fatum, le destin).

Le hasard, si difficile à admettre. Il relève d’une acceptation, d’un non-explicable, une certaine dose d’incertitude de non-maîtrise et donc d’angoisse. Transformer le hasard en destin serait donc la consolation de donner un sens à l’inexpliqué. Les hasards sont nécessaires à la signification et à l’orientation, ils agissent sur l’inconscient sans que celui-ci n’ait pu les provoquer ; nous transformons donc le fortuit en opportunité.

La chance, dit l’adage, sourit aux plus audacieux. Les Grecs nommaient kairos le « temps de l’occasion opportune », ce point d’inflexion qui peut donner lieu à une bascule décisive si nous décidons de prendre les choses en main. Cette notion s’articule comme un pantin, si nous bougeons les fils, nous saisissons ainsi l’opportunité et oeuvrons à notre bonne fortune, sinon, il ne se passe rien.

Il est important de desserrer nos mâchoires cartésiennes qui fait de nous des psychorigides et nous montre le monde à travers la loi d’une cause et donc d’un effet. Offrir l’hospitalité à l’intuition, ce sens commun qui nous traverse parfois subitement et nous donne envie d’y aller au culot.

Moins d’attitudes fatalistes et plus d’esprit poétique nous permettrait de laisser tomber la crispation du moment où il faudrait nous assouplir et tenter, à cette volonté, je préfère le plaisir et le désir d’essayer quitte à tomber sur le nez. Essuyer un refus sur une table ne laisse pas plus de traces que celles que l’on veut bien voir. Se déconditionner de manière à trouver l’immédiat.

Le chat par exemple saute sur tout ce qui bouge spontanément, il bondit de manière foudroyante sans se poser la moindre question. L’agilité est le maître mot des occasions.

Le hasard est donc cette petite chose que l’on accepte de voir ou pas.

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