Le 20 mai 2013

2013-05-20 17.59.24

L’homme.

 

Lui et sa carrure sinueuse, ses épaules tumultueusement sonores et son torse entêté. Son port de tête cafardeux, déprimé, mélancoliquement assis sur un cou sans emploi, la tête en temps de crise, inexpressive et lâche.

Le nez dégourdi tourne de l’oeil tombant non dans les pommes mais sur l’évidence d’une lèvre supérieure fainéante, en avance sur sa consoeur, sa soeur retenue au couvent d’une prison dentaire.

Il et sa mâchoire qui ne mâche pas ses mots, ses traits moralement droits, alignés comme à la convocation d’un recrutement physionomique.

Le regard épithète, qualificatif d’une idée, d’un désir ou d’un songe, le sien analysé comme adjectivement étouffant.

Les mains juvéniles. Les poignets quelconques. Les avants bras épris de la pudeur d’une manche trop longue. Le corps épié par un défaut.

Un recto attrayant épilogué sur un verso aux omoplates méfiantes. Invitation au pêché de vouloir courir trop vite, de vouloir sauter trop haut. Impatiente attente d’avoir été sur le banc de touche bien trop longtemps à siroter un verre vide. Le tout relevé à l’épice de l’indifférence.

C’est l’odeur de l’enfin, le temps de fourrer son nez un peu partout quitte à avoir la truffe sale et les idées moites.

Apprendre. A prendre. A prendre non par dépit mais par considération. Ah ! C’est donc ça de se sentir vivant ?

 

 

Publicités