Le 10 avril 2013

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C’est dans le présent que je prends ma place même si souvent j’en perds la trace. Je perds du poids, le poids des expériences et des souvenirs passés. Je pends mes craintes et ma lessive à l’aide de pincettes et fil doré. J’arrache mes dents de sagesse donc moins de sagesse et davantage de déraison. Je couche avec lui et avec mes obsessions, je couche mes idées et cet homme dans un coin de ma caboche. Dora Maar sort de là. Picasso te voilà. Trop tard, Modigliani a déjà fait son nid, vous n’êtes plus de la partie, je danse jusqu’au bout de la nuit.

Je fais couler ma robe, je fais couler ma chute de rein dans le bassin d’un miroir. Me voilà ! Je nage dans ce que je vois. Je vois une bouche pressée, elle parle plus vite que mon corps et toute son entité. Je vois des pieds, des orteils bleus, je vois un regard peureux. De quoi j’ai peur ? J’ai peur du silence, j’ai peur de l’insonorité et de l’interruption. Motus et bouche cousue. Cousus, se sont mes yeux au fil du temps. Par peur de voir. Par crainte d’entendre. Où suis-je ? Je suis là, je suis belle et bien là et c’est pas à pas que j’apprends à me voir, par petite dose mais jusqu’à l’overdose. Plus d’avant, moins d’après, maintenant se coupe les ongles et épile ses jambes. C’est le printemps, je mue et j’accepte d’avoir changé de voix, de corps. La logique veut que de petit on devienne grand. Mon corps en a fait à sa tête ou ma tête en a fait faire à son corps, de grand, il est devenu petit. Petit mais là, le poids ne fait pas la taille, la taille se taille à chaque saison. C’est le printemps, je cisaille une frange pour mieux voir le jour.

Je me tiens mal, je redresse ma colonne vertébrale. Alexandr en a fait sa technique, je n’ai qu’à mieux me tenir. Se tenir aux règles, qui a dit qu’à 23 ans il fallait foutre le camps ? Quand vient le temps… tant qu’on respire et qu’on inspire. J’inspire à la sérénité, à la tranquilité, je cherche un équilibre tout comme ma raie au milieu de la tête, le bien et le mal en parfaite symétrie.

Mes cuisses sont fines, comme un lacet elles s’enroulent autour du cou de la passion, cette passion d’écrire qui n’arrête pas de me hisser et de me dire… Crache ! Crash, voilà ce à quoi mène des angoisses. S’exploser pour mieux se perdre, se perdre pour ne jamais se retrouver, perdre le « re » et ne garder que le trouver.

J’ai les pétoches alors je me cache sous la jupe de Venise, seul endroit où j’y vois des jambes si longues qu’elles me permettraient de botter le cul de mon anxiété. Je ferais les pointes de pieds, je ferais les poings serrés, « schéma » comme dirait une grande Dame « et puis tu lâches » , je lâche, je lâche prise, prise une fois, deux fois, trois fois ; c’est dans la boîte ! Boîte à souvenirs, j’enterre à l’aide d’une pelle et je pèle la peau des idées noires. Elles sont nues, elles se les pèlent, tant pis pour elles.

L comme libellule, je m’envole me poser sur un nénuphar.

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