Le 19 mars 2013

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Faire taire les intermédiaires

Je pique un somnifère

Je pique un somme

Ni faire exprès

Ni faire semblant

Sans blanc ni noir

Noiraud il l’est

Sculpter les opposés

Donner raison au coin-coin en papier

Pas pieds pas d’air

Je suffoque du vertige d’essayer

Je peine

Je tire à peine

Je m’étire ou me tire

Je me tire

Vers des contrées lointaines

Je vernis mes ongles de printemps

Ce printemps encore de dos

Ce printemps entêté et buté

Je l’ai sur le bout des doigts, il me sert à pianoter

Sur ces jours printaniers qui tardent à arriver

J’arrache les cheveux de l’hiver et je lui couvre la tête d’une banderole de ciel bleu

Y en a marre de cette salive pluvieuse

Le froid a-t-il rempli ses poches de cailloux ?

Si c’est le cas, le 1er avril n’est pas à l’heure, lui et sa faute de mauvais goût

Attention, la curiosité s’échappe des jupons de sa mère, la rigidité. Elle s’installe sur le siège côté fenêtre et y voit parfois passer son ami l’intérêt.

Mon désir est sauvagement domestique, il ne tient pas en place mais il prend place à ses côtés.

Ma séduction quant à elle ne manque pas d’air, elle est inspirée, elle a suffisamment somnolé.

J’ôte mes souliers pour faire moins de bruit et marcher de façon silencieuse derrière son profil. Comme une ombre chinoise, ses traits ne sont divulgués que si la journée est ensoleillée et non angoissée.

Mes pieds nus goûtent la nouveauté et sa beauté cassée s’enfonce débris après débris dans ma corne qui frissonne à l’idée d’avoir été flairée.

Anthologie d’une fille bien rangée sur l’étagère de la frigidité.

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