Paris, le 11 janvier 2013

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L’allure, vous croyez en abuser mais c’est elle qui vous accapare. Les façons consistent à rassembler la singularité. Le simple parler de la démarche, la grandeur d’une femme attachée aux mouvements des yeux ou à une stature de tête. Tous les chagrins du corps, les expériences gâtées, ne perfectionnent que les vices d’une silhouette courbée. Il n’y a pas un seul mouvement ni un seul de nos gestes qui ne soit un abîme où la réflexion la plus sage ne puisse en laisser sa raison. Il y a l’infini dans la moindre de nos actions. Le commun comme adorable savant, comme vertige du fou.

La pensée face à un tel sous-entendu est la plus capricieuse des courtisanes, elle fait son lit sur un port de cou élégamment hautain, couche au coin de la cambrure d’un genou, suspend son nid à la rondeur d’une oreille comme l’hirondelle à la corniche d’une fenêtre et, avant que la stabilité ait pensé à sa flèche, le voyeurisme a d’ores et déjà conçu, pondu, couvé et nourri le géant de sa première idée, celle-ci s’éparpille comme un sachet de thé au contact de l’eau brûlante.

« Les niais appellent ces foudroiements de la pensée un hasard, sans songer que le hasard ne visite jamais les sots. »

Les attitudes matifient un air, comme si les manies enfilaient elles aussi des collants pour s’embellir.

En effet, tout à coup mille petits phénomènes journalier de notre nature s’élèvent en foule aux yeux de ceux qui sait les voir, comme un essaims de mouche qu’on chasserait d’un fruit.

L’homme peut projeter en dehors de lui-même une quantité de force qui peut produire un effet tel que l’attraction, l’envie, le désir ou la curiosité.

Il me parait impossible de faire mentir le mouvement si l’observation est une science complexe.

Où va cette force dissipée par la femme nerveuse qui fait délicatement craquer de si puissantes articulations dans son cou, qui se tord les mains après avoir vainement attendu ce qu’elle n’aime pas trop attendre ?

Les lois d’un mordillement de lèvres transporte à son gré la vie dans telle ou telle portion du mécanisme humain, un rien se projette en dehors de l’homme.

Et nous qui pensons porter la vie en riant.

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