Paris, le 27 novembre 2012

Sommes-nous fait pour vivre à deux ?

Quand la relation de miroir exclut tout oeil extérieur, le chiffre deux n’apparaît non pas comme une solution trouvée face à la solitude mais comme une structure fragile où nous cherchons une issue à notre tête à tête métaphysique.

Le couple est-il égal à la norme ou est-ce la norme qui fait du couple son égalité ?

S’attacher à un seul être c’est miser sur plus loin qu’une simple rencontre plaisante, c’est se tenir à un mythe qui sert de ciment idéologique. Faut-il croire à la rencontre comme à un destin ? La rencontre peut-elle être le fruit du hasard ou d’un engouement momentané ?

Nous naissons et mourrons seuls, la vie à deux est alors dans ce cas là une béquille provisoire pour celui qui ne souhaite pas apprendre à vivre en solo. Aujourd’hui, la solitude fait la une, elle est la recherche de soi, elle assure calme, découverte et réflexion, elle entraîne la sérénité et la liberté. Le stoïcien Epictète disait qu’ « il faut avoir la faculté de se suffire à soi-même afin de pouvoir faire face aux choses qui nous accablent » cela veut-il dire qu’être bien seul, c’est être mieux à deux, c’est être soi ? Offrir la totalité de son être n’est-elle pas la puissance ultime de l’amour ?

En réfléchissant, si l’amour recherche une puissance, c’est bien celle au carré. Ce chiffre deux, si rond, si enlaçant puis lassant d’un face à face aveuglant plutôt que d’un côte à côté panoramique invente une façon différente de durer dans la vie, un point de vue commun et non identitaire.

L’Homme devient un nous au contact du tu et seul les moins influençable parviennent à devenir un je. Respecter cette distance des identités sans rompre le lien avec l’individu(e), être à la fois libre et solidaire et je dis bien solidaire et non solitaire, voilà finalement l’enjeu de la liberté amoureuse.

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