Paris, le 20 novembre 2012

On se promet de s’aimer durant longtemps, on se promet de mieux faire, de mieux vivre, de mieux écouter. Puis, on entend mal, on s’amuse un peu, on retient, on est maladroit.

Dans ce milieu et à cette période de la vie qui écoute qui ? Et d’ailleurs, aimez-vous Brahms ?

On ne parle pas, on ne dit rien, on amasse, on met de côté, on séquestre, on enferme, on barricade.

Peut-être y a-t-il effectivement un moment où on ne devrait plus attaquer sa vie, mais s’en défendre, comme d’une vieille amie indiscrète.

Il y a trop de « déjà » et pas assez d’ « encore ».

La liberté a dans le visage quelque chose d’équilibré, de fier qui provoque les pires déluges de paroles. J’ai peur, tu as peur, il a peur, nous avons peur, vous avez peur, ils ont peur de laisser passer « ça », de vivre d’expédients et de résignations parce que l’on est toujours à côté de l’attendu, un peu faux dans toutes les situations acquises et on tourne la desiderata entre ses mains, comme un verre , sans un mot.

Merci, non merci sont souvent les guillemets d’une histoire venant immédiatement avant ou immédiatement après mais en aucun cas pendant que quelque chose se passe. Passe sur nos lèvres un doigt hésitant.

Est-ce que parce que l’on gagne du temps l’on perd sa vie ? Quand le temps semble ne pas passer, c’est l’ennui qui siffle à nos oreilles.

Les grands poètes disent que l’amour est la plus belle des prouesses et que c’est à cet instant que la vie s’abandonne d’elle-même et que sa seule évidence paraît être la plénitude amoureuse. Cet amour si lourd et narquois qui pèse une tonne sert à empêcher à la vie de se débattre. La sentimentalité est une camisole de force. Entre aimer bien et ne plus aimer du tout, le pas est rapide, n’est-ce pas ? La simplicité enfile une robe bien compliquée.

Malgré la chaleur pleine de remords que me procure l’automne, je regarde le froid en jetant un coup d’œil à mon miroir.

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