Paris, le 14 novembre 2012

Les pieds s’excitent au rythme tzigane. Instinct zingaro, ritournelle zingarella. Les bijoux de bras étouffent la chair pour l’empêcher de murmurer des sortilèges, les boucles d’oreilles souvent solitaires choisissent de se pencher du côté du bien ou du mal.

Jeux de mains, jeux de vilains, les perles roulent sans but dans cet univers burlesque. Les secrets et tricheries se cachent sous les jeux de cartes. Passe-passe et bonnes aventures se taclent chez les diseuses.

Les cheveux flemmards n’ont plus de force pour se tenir droits, ils glissent et voyagent sur le visage d’une ou l’autre gitane. Gitane au sang chaud et aux pieds nus qui battent le sol poussiéreux afin que la chance tourne et se retourne comme la face d’une pièce de monnaie. La crinière désordonnée fait des noeuds au mauvais oeil qui lascar, s’égare à la vue des nombreux décolletés protégés par la générosité d’une poitrine onctueusement hospitalière.

Les tambourins font trampoline aux manigances bohémiennes. Manigances ou devrais-je dire manies tout en élégance ?

J’ai lu qu’une brise légère courait sur les cordes et qu’un rêve passait sur son âme. Que quand la vie se faisait grise on la dissipait en fumée, en rêve ou en chanson et qu’ainsi on la méprisait triplement.

Vaillant souvenir en guenille qui de ses haillons récupère des airs de noblesse sauvagement instruisant. Le changement se bat entre les cartes sous l’oeil tzigane souvent comparé à l’oeil du loup, louant durant quelque temps les murs du Grand Palais. On y marche à la queue leu leu, comme un cortège en roulotte, moments carnavalesques pendant lequel se décharge le trop-plein de l’esprit.

Les Romanichels toquaient aux portes. Porter bonheur ou malheur peut importe l’histoire se porte de courant d’air en courant d’air, d’odeurs en saveurs, d’empreintes en étreintes.

Publicités