Paris, le 27 octobre 2012

Chère Venise,

Ici, la vie me parle bas, si bas que ton souvenir résonne encore trop fort.

Fauves images de tes jours d’été, mes souvenirs s’échappent gentiment, emmitouflés dans un duvet chaud. Chaud devant !

Devant quoi ? La pluie qui, exubérante fait boire la tasse au sol ?

Il pleut comme une pâte qui s’amasse et écrase le nez du paysage, cela le rend désormais encore plus lourd qu’il ne me paraissait déjà.

L’idée de tes gondoles élancées comme un sourire, de tes ruelles houleuses, tant de délices comme un bouquet offert par l’été qui chez toi chaque jour enfilait une robe frivole.

Je remets tout à plus tard et le jour suivant se met déjà en route.

Journées en tablier, le silence casse la croûte avec la nostalgie.

Usage du temps, des hiers perdus.

Toutefois, le soleil marche parfois la tête haute, s’il savait ce qu’il réchauffait il courberait sans doute le dos devant ce spectacle laideusement bossu.

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