Paris, le 17 octobre 2012

Née dans le Paris de la Belle Epoque et disparue à la fin des année 80. Diana Vreeland, un grand sourire carnassier.

« J’étais la chose la plus hideuse du monde. »

La mode en fil rouge. Rouge comme le fard symbolisant la passion, la puissance surnaturelle, le courage dans le théâtre kabuki et rouge dont elle orne parfois ses oreilles. Rouge parfait comme sa bouche toujours assortie à ses ongles. Rouge comme la laque dont elle couvre ses semelles bien avant que Christian Louboutin n’y pense. Femme exubérante, inspirée, excentrique et généreuse qui s’est inventée une persona, un masque social éblouissant. « La première chose à faire mon chéri, c’est de s’arranger pour naître à Paris. » Elle aime la mode, à la folie et sans illusion. « J’ai toujours été fascinée par les absurdités et le luxe et le snobisme du monde que les magazines de mode montrent. Mais bien sûr, ce n’est pas pour tout le monde ! » Elle déteste la nostalgie et idolâtre certains éléments du passé, des Ballets russes à Joséphine Baker. « Nous avons fait un long chemin mon amour… Vraiment, nous devrions oublier tout nonsense et juste rester à la maison et lire Proust. »

Diana n’est ni belle ni même jolie, elle est bien mieux que belle, elle est passionnante. Originale. Renversante. Vreeland, en adorable carnassière, compensait son physique par du mordant, une élégance sidérante et une volonté inoxydable. Elle redessine littéralement son image à coups de rouge à lèvres, de vernis, de traits de blush encadrés d’un carré graphique de cheveux noirs à la Vidal Sassoon. « Soyez premier de votre classe ou bon dernier mais jamais dans la moyenne ! » Elle soigne ses répliques et le rythme de sa voix autant que son apparence. Elle joue, donne une texture à ses mots comme si elle était sur scène. Et elle insufflait cette sensation de rythme dans tout ce qu’elle faisait : elle parlait comme ça, elle marchait comme ça. Voilà une grande partie de son charme, ce relief et son humour permanent. Elle faisait pleurer ses assistantes tous les jours, qui revenaient le lendemain en l’adorant plus que jamais. « N’ayez jamais peur d’être vulgaire, mais ayez peur d’ennuyer. Un peu de mauvais goût, c’est comme une délicieuse giclée de paprika. De la vitalité. Nous en avons tous besoin, c’est copieux, c’est sain, c’est physique. C’est contre l’absence de goût que je me dresse. »

Elle est la première a adorer le bikini, les collants noirs, les surfeurs et le skate et à populariser les ballerines et le jean. Énervante, quasiment incontrôlable, excessive, autodidacte, trop francophile et peut-être pas assez américanophile, son esprit vif, fascinant, marque son temps. « A une vérité tenue et plate, je préfère un mensonge exaltant »

Diana Vreeland, n’est plus une personne, elle est un adjectif. Elle aimait Jack Nicholson, Joséphine Baker, L’Atlandide de Jacques Feyder et Chinatown de Roman Polanski.

« Je pense au contraire que Dieu a un faible pour la mascarade »

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