Venise, le 3 septembre 2012

Consciencieusement, on supprime les signes prémédités, on laisse champs libre à l’impulsivité, la vie comme une longue expiration. Non pas comme une réalité externe qui ne nous est propre mais comme un compromis avec la pureté de l’inspiration.

De rien à tout, de tout à rien tant qu’un rien et un tout se rencontrent et se transforment en quelque chose, le reste est du blabla.

On est conscient, on est conscient de pouvoir se noyer dans un verre d’eau trop plein, d’être submergé par la marée haute, de se retrouver aux larges de ses idées ou principes alors on attend, on attend le « bon moment », le moment où la marrée se fera basse. Mais les gens savent-ils qu’il est possible de ne pas avoir pieds même dans un verre vide ?

Bien souvent la noyade du présent est inondée par les souvenirs en bouée, une innocence « innoyable », bouée increvable.

La tête dans l’eau, dans le flou, incapable de mettre la main sur un rayon d’oxygène, on remue, on remue ce qu’il y a au fond, le fond invisible qui paraît bien plus net que la surface qui elle devrait être limpide.

On est frileux, frileux de l’éventuelle éclaboussure qui pourrait nous surprendre le corps. C’est un problème sans problème, un manque de souffle qui trouve une respiration. Pourquoi un coup dans le ventre nous rend-il plus réceptif à un nouveau brin d’air ?

Tout ça n’est qu’un doute porté à ébullition, un doute chauffé qui s’évapore et embue nos vitres. Si on reste attentif, on croise même une fenêtre mal fermée qui gonfle son thorax sur les expirations du vent. Le désir de se mouiller. La naissance des désirs liquides.

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