Venise, le 21 août 2012

Je ne dors pas, je loge à la nuit car l’humidité à la dent dure. Je n’ai pas pieds dans mes idées et l’insomnie ravale continuellement mes nuits. Je bois donc l’imagination et je crée un personnage. Idéalisation nocturne.

Cet homme dissimule sous ses vêtements des curiosités débridées. Sa mobilité narrative gratte la croûte de sa beauté et il exile, tend, replie les mots et fait des formes avec «l’actuellement » puis, il cherche ailleurs, s’enthousiasme et rit. Cela donne un je-ne-sais-quoi à cent à l’heure avec tête à queue grammaticaux multiples.

Sa folie boit sec rhum et whisky. Sa gestuelle est rondement gavée, son intention sonne dans son ventre et son culot claque entre ses dents. Désir en sauce.

Il reprend un verre en même temps que ma frilosité. Sa séduction sait avoir mais ne garde pas. Ses yeux sont des kilos qui pèsent la faiblesse des femmes.

Il est un homme aux traits musicaux et de ses pieds tire les résonances. La distraction pieds nus, mon embarras stationné dans un cul-de-sac.

Lui, blond-roux, regard naïf et planté dans un visage têtu. Un nez irascible, susceptible, à la limite de la maniaquerie. Une bouche à la veille du point de vue et une arrogance qui brûle les pieds et l’âme.

Divagation menteuse comme la lune.

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