Venise, le 16 août 2012

Franco Filippi est un éditeur, écrivain et libraire indépendant. Il est un fervent défenseur de Venise, ville de laquelle il nous parle avec une sincérité vertigineuse. Ce qu’il déteste par dessus tout, se sont les « légendes » que l’on fait d’elle, sans même la connaître ou la déshabiller.

« Ce n’est pas parce que je suis né à l’hôpital que je suis médecin, ce n’est donc pas parce que je suis né à Venise que je suis vénitien. »

Face à face avec un homme des plus honorables.

Qui êtes-vous en quelques mots ?

Un seul suffira , tradition.

Vous aimez ?

Oui, le soleil. Pour moi, il veut tout dire. Il réchauffe tout le monde même les plus affreux. Il est l’abondance qui ne demande rien en retour ni en échange.

Vous détestez ?

Oui, l’ignorance, la jalousie et l’orgueil.

Comment expliquez-vous votre quotidien ?

Je vis dans l’angoisse de connaissances.

Depuis combien de temps vivez-vous à Venise ?

Je suis né à Venise. Mise à part mes voyages à travers l’Europe en faveur de recherches, je n’ai jamais quitté Venise.

Quelle est la chose qui vous plaît le plus à Venise ?

Me perdre. Lorsque l’on se perd, il y a la recherche de mieux se retrouver.

Quelle est la chose qui vous déplaît le plus à Venise ?

L’abus que l’on fait d’elle. Elle est vendue, prostituée. C’est la nouvelle Disneyland.

« Quand on aime une femme, on ne la prostitue pas. »

Si Venise était une chanson ?

Senza fine de Gino Paoli. C’est une chanson d’amour, Venise est un amour infini.

Si Venise était un film ?

Pane e cioccolata de Franco Brusati.

Si Venise était un aliment ?

La manne.

Si Venise était un instant ?

Le Big Bang.

Si Venise était un vêtement ?

Un pull-over très chaud.

Si Venise était un mot ?

Amour.

Si Venise était une odeur ?

Un agrume, pétillant et pénétrant avec le temps.

Quel est le plus bel endroit de Venise ?

C’est un lieu dans notre mémoire, il change, comme un rêve.

Si vous deviez lui dire quelque chose ?

Ne me laisse pas !

« Les seuls présences qui restent sont nos histoires. »

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