Paris, le 7 mai 2012

Par exemple :

« Hier, il faisait froid, comme si un hiver somnambule s’était attardé dans ce début de printemps.

Les quelques fleurs s’éparpillaient comme tombées du trou d’un fond de portefeuille et les quelques restantes coiffaient les branches de bigoudis floraux. »

L’écriture. L’écriture aux lèvres nues. L’écriture si naturelle au petit matin se masque bien souvent durant la journée, enfilant maintes et maintes espiègleries.

Les émotions sont encombrantes et l’écriture peut être démesurée, dévorante, elle peut ne faire qu’une bouchée de vos nuits, vous mastiquant insatiablement l’esprit et vous crachant sans retenue sur les premiers rayons du soleil que vous dévalerez le cul nu et la tête délavée.

L’inspiration peut faire saliver vos doigts et écorcher la pointe de vos idées. L’écriture en équilibre, elle, la danseuse.

Elle a sa démarche, ses pieds touchent à peine le sol comme si chaque pas était expérimental. Parfois, il y a ces moments uniques où l’inspiration se lève et commence à danser avec un cavalier invisible, sur la pointe des pieds, un vieux t-shirt et laissant apparaître par la contraction des mots la musculature d’un texte plus où moins élaboré.

Je dirais que l’écriture surveille bien souvent cette impulsion qui l’a autant tenue dans les bras qu’au bout de son crayon et peut-être plus encore au bout de son crayon.

L’écriture a les joues rondes, elle aime boire un grand bol de votre âme et ce, jusqu’à la dernière goutte.

A l’avenir, ma tête devrait peut-être se coucher de bonne heure.

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