Paris, le 30 novembre 2011

Robe crème. Manteau léopard et gants rouges.

Elle portait élégamment des cheveux courts, des cheveux brefs et fugaces, comme une chevelure en résumé.

A ses oreilles murmuraient deux petites perles.

Elle baladait des pommettes fières et hautaines. Ses yeux paraissaient assoiffés par la curiosité.

Elle avait des dents discrètes et désordonnées mises entre parenthèse par des lèvres raisonnablement orgueilleuses.

Sa peau s’étalait sans artifice, de façon sincère et laiteuse, satinée et pâle débordant sur sa gestuelle silencieusement tamisée.

Sa présence entière diagnostiquée comme bénigne.

Son cou débordait largement de son corps et se hissait comme un drapeau tout en tentant de montrer sa supériorité.

Son nez était poli et éduqué ne coupant aucunement la parole à ses traits gracieux.

Lui, le sourire cassant. Les cheveux droits, capricieux et lunatiques. Les pensées chaudement peignées par une coiffure négligée mais aussi autoritaire et brutale.

Le regard rieur et plaisantin. Le nez pointilleux, cabossé mais d’une loyale honnêteté.

Il avait les dents ordonnées et poliment imposantes.

Le visage structuré et ferme essoufflé par deux sourcils généreux.

Sa gestuelle était desséchée. Ses lèvres dédaigneuses s’émaciant sévèrement.

Il se plaisait à empiler les crackers comme un château de cartes tout en capturant de ses doigts humides les boules de sucre abandonnées.

Ils s’appréciaient tandis que leurs paroles restaient clandestines. Le bonheur sauvage se balançant sur la liane du vent.

Puis, ils se couchèrent sur le sol et caressèrent le contour de leur corps par un trait de craie, cicatrisant ainsi le béton de leur présence.

Est-ce que cela marcherait mieux si l’on décidait de croiser les doigts ?

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