Paris, le 9 octobre 2011

Rendez-vous.

Une lumière grasse et des envies qui tirent au bout de la laisse.

La frénésie des plats se dressant sur la scène théâtrale des plateaux, mettant en avant le sourire forcé de la luxure et l’ivrognerie de la gourmandise.

La colère de l’attente avait une odeur qui se frappait à la précision des gestes des serveurs. Le stress transpirait sous la chaleur.

Sur les tables, les corps des services allongés comme des cadavres attendaient d’être amassés.

Au centre, banalité de décorations florales. Les pétales de roses s’y ravaudent comme des lamelles de peau.

Sur la scène de crime des nappes tâchées de vin, on démasque à travers les verres embués de nos empreintes, les indices de notre soif.

Verres de vin. Vin nouveau.

Les fonds des verres de vin, comme les pieds dans l’eau. Tandis que le nez, lui, flaire la vinasse.

Combat. Les odeurs pointues des différents mets s’escriment les unes aux autres jusqu’à se lacérer entièrement. Ring de saveurs.

Les tasses de café vides laissaient apparaître l’horizon de la saleté et donnaient place au paysage tâché du rouge à lèvres.

Les doigts du garçon, comme une cape sur la coupe de vin déversait l’ivresse. Osmose de gargarismes. Silence. Le verre tendait son cou comme une femme émanant d’un Modigliani.

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