Paris, le 8 octobre 2011

Une femme.

Une femme couverte d’un simple pull en laine s’épie devant le miroir, s’observe, s’analyse tout en tirant sur une cigarette.

Le temps blanchit les souvenirs à l’eau de javel et le corps demeure a capella. C’est pour cela qu’elle place ses idées et ses souvenirs sous vide comme pour mieux les conserver.

Elle attrape les hasards avec la même poigne qu’on attrape les oreilles des lapins.

Elle joue à pile ou face avec la vie qui ricoche sans arrêt. Les jours, comme une pièce de monnaie.

Elle décréta que son entière existence devait garder un arrière goût, palais enfantin qui susurrait une saveur de confiture, une confiture à l’abricot qui s’étalerait sur les jours beurrés et lui enlèverait la faim dans les yeux.

Elle laisse ses expressions apparaître sur le rectangle poli de son visage. Paysage sculpté dans l’ombre fuyante, dont les traits seraient l’horizon et le regard le point de fuite.

Elle écoute son coeur qui bat et qui souvent fait trembler le reste.

Avant, elle adorait se laisser enduire par l’huile chaude des regards. Sentiments frits et croustillants.

Son tempérament semblait comme imbibé d’essence. Il suffisait qu’une ombre la frôle pour que son caractère explose.

La bobine déraille et la vie s’arrête.

Et puis il y avait un homme. Un homme avec le front ridé, si ridé qu’il ressemblait à une feuille lignée, comme si le temps y avait inscrit ses vers.

Les amants, ils ne s’aiment qu’en gros plan.

Hier le ciel était chauve, aujourd’hui les nuages semblaient avoir la bouche pleine.

L’eau des fontaines fessait la pierre humide ou l’on s’assoit.

Tandis que le rire des lumières se retrouve subitement à plat, la fumée des voitures éternue sur l’air du soir.

Exposition. Le vent souffle dans les toiles et se confronte aux traits flemmards de l’artiste.

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