Venise, le 23 août 2011

Elle avait les cheveux rageux. Sa forme de tête ressemblait à un visage mit entre parenthèse tandis qu’elle essoufflait son regard par une virgule aux coins des yeux. Ses sourcils circonflexaient ses paupières comme pour traîner une expression de surprise que la ligne verticale de son nez suivit de l’air béa de sa bouche concrétisait d’un point d’exclamation. Le haussement perplexe de ses oreilles plaçait son visage entre guillemets et les grains de beauté s’accouplant les uns aux autres semblaient attendre un bouleversement, synonyme à des points de suspension. Je tentais de m’accorder moi-même à cette ponctuation morphologique.

Je devinais cependant entre ses rides que la vie s’était bien foutue d’elle. Elle avait un visage où les traits s’y mêlaient comme des gribouillis. Elle égouttait les paroles qui l’éclaboussaient méchamment : Ce grand écart sentimental me grise tandis que ta folie me gronde.

Les poils s’étendaient sur elle comme un tapis et les rayons du soleil s’amusaient et chancelaient sur son front.

Vider la corbeille de sa tête pour mettre la vie en veille juste un instant.

Les mirabelles sont baveuses et la chantilly des nuages gonflent et dégonflent comme un poumon volumineux. La terre intimidée rougit devant l’assurance du soleil et les vignes épuisées se fatiguent du raisin. Il y a la gourmandise des champs et l’angoisse du maïs qui s’y dresse comme un épi.

Tandis que j’écoute la symphonie du vent de l’été.

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