Venise, le 16 juillet 2011

Une fille musclée se tenait au centre de l’atmosphère enroulant inlassablement les extrémités de l’espace autour de la rigidité de ses cuisses tendues. Elle réapparut pour se vaporiser nonchalamment devant le miroir.

Le ballet se coordonna mystérieusement. Silencieusement, il déploya sa clameur muette dans l’insolence séduisante des jetés et des pas de chats inconsients. L’abandon de multiples pirouettes déchaîna sa fureur dans le printemps et l’étendue des steppes russes se berça pour finir par se reposer dans les chassés-croisés.

Elle battait l’air de ses talons. Tandis qu’un sourire s’étira péniblement sur son visage, ses muscles jouaient avec une perfection orgeuilleuse. Ses coups de pieds rigides et la pointe de ses chaussons découpaient l’air en tranche comme les ciseaux d’un sculpteur mais, ses bras étaient courts et ne parvenaient pas à attraper l’infini.

Le temps, le cul entre deux chaises, valsait entre des entrechats insolents et des pirouettes arrogantes. Les bruits tumultueux des danseuses noyant Schumann sous des flots millésimés de Chopin.

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