Paris, le 28 juin 2011

Ici, la Méditérranée se lèche les babines le long des rives et la lavande fleurit silencieusement sur les rochers.

De fragiles coquelicots ensanglantent les chaussées empierrées et les vignes s’étalent comme des arrêtes.

Dans le village, la voix baryton des cloches fatiguées étourdit les oreilles des habitants et les murs blancs s’étirent en baillant sous la douche chaude du soleil de l’après-midi.

Le jour enveloppe les individus dans une armure de luminosité. L’été se fraie un passage entre les jambes des femmes et la vie, apaisante, fredonne une berceuse à travers le vent.

Les mottes de foin sont mise en plis telles des bigoudis au-dessus de la chevelure des champs fraîchement coupée.

Les taxis fluides tels un liquide coulent dans les splendides ruelles au goût provençale.

On croirait qu’en s’en allant, le soleil dépouille toutes les nuances du paysage pour broyer les coloris de son crépuscule, faisant recuire et bouilloner de façon aveuglante ces tons dans le ciel, tandis que la terre blanchie et dévitalisée attend que la mixture généreuse soit versée sur les vignes et les pierres.

Les terrasses argileuses des cafés enjambent et se rendent maîtres des vacanciers. Une jeune femme, les pensées collées aux talons prend congé de celles-ci tout en en profitant pour ramasser quelques opinions. Une fillette souillée par le soleil pousse les mots entre ses dents comme une cuisinière écrasant une purée.

Le temps encense l’air de rire insolent.

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