Paris, le 27 avril 2011

Ams, tram, gram,

Pic et pic et colégram,

Bour et bour et ratatam,

Ams, tram, gram.

Danseur de cordes ou monteur de curiosités, le hasard peint allèchement les charmes de la vie. Marionnettiste de notre propre corps et de nos envies, nous excellons, suspendus aux différentes coïncidences qui commandent les mouvements de notre quotidien « guignolard ».

Les jambes touchent le plateau et obéissent à notre propre poids pour étancher la girouette de nos démangeaisons. Nos mains jonglent de haut en bas à la couleur de nos humeurs tandis que s’accroît le poids de la lâcheté humaine, comme un plomb sous nos pieds. L’existence comme la tringle d’abord épaisse et courte, s’allonge et devient avec le temps de moins en moins pantagruélique, tout en restant très visible. Elle nous porte, nous et notre courage et n’autorise qu’un balancement de bras et de jambes, maintenue aux épaules et aux hanches par des souvenirs, comme des attaches un peu lâches d’où l’excitation de l’inconnu approvisionne la fanfaronnade d’un cortège de sautillements à pieds joints.

Très anciennement, l’amour, la passion et le désir apparaissaient comme les fils conducteurs qui manipulaient les coeurs. Puis, ses sentiments coulaient jusqu’à se fondre dans la tringle, se multipliant et explosant comme des confettis qui prenaient possession de tout l’espace de nos membres aussi gracieux que des pantins.

Aujourd’hui, le bonheur et la haine compliquent et actionnent les éléments du visage. La bouche, les yeux et le nez comme un mensonge s’allongent et s’insinuent à l’intérieur du corps et emmêlent les fils jusqu’à en désarticuler son sujet.

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